Entre musique, gestion et génie! Portrait du directeur général de l’ÉTS M. Dumouchel

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On a souvent fait le rapprochement entre le talent des grands musiciens et le génie. Celui qui a déjà été chef d’orchestre – et qui a, encore aujourd’hui, un piano à queue dans son bureau – le directeur général de l’École de technologie supérieure, Pierre Dumouchel, réfuterait certainement ce rapprochement, même s’il dirige aujourd’hui une école… de génie! Récit d’un entretien de Marie-Charlotte Ernst avec le maestro qui compte faire de l’ÉTS une école de génie de calibre mondial d’ici 2024.

Réseau Exécutif (RE) : Parlez-nous de votre parcours…

Pierre Dumouchel : Je dois bien le dire, je viens d’une famille de musiciens et j’ai baigné dans la musique toute ma vie, à tel point que lorsque j’ai commencé mes études en génie électrique, c’était pour fabriquer des synthétiseurs!

J’ai obtenu mon bac à McGill en 1982 et ma maîtrise à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS), avant de travailler à l’INRS-Télécommunications et au Centre de recherche informatique de Montréal (CRIM), où j’ai eu le privilège d’être au nombre des fondateurs de l’équipe de reconnaissance de la parole. J’y ai ensuite occupé différents postes comme chercheur principal, vice-président, R&D et vice-président scientifique.

Après avoir terminé mon doctorat en 1995, j’ai décroché un poste de professeur titulaire en recherche multimédia à l’ÉTS, tout en restant impliqué au CRIM. Je suis ensuite devenu professeur en génie logiciel et technologie de l’information avant de diriger le département responsable de cette spécialité. Finalement, malgré mon emploi du temps, je suis resté engagé en recherche, notamment dans le domaine de la reconnaissance des émotions de la voix avec des applications en santé mentale.

RE : Et la musique dans tout ça?

Pierre Dumouchel : Attention, elle m’habite toujours! C’est une passion qui ne m’a jamais quitté!

RE : Même depuis votre accession à la direction générale de l’ÉTS?

Pierre Dumouchel : Encore plus depuis ce moment! Dès que j’ai été nommé directeur général en février 2014, j’ai décidé de transposer l’expérience acquise durant 27 ans à titre de chef d’orchestre à mon leadership comme gestionnaire. C’est dire que je privilégie le travail en synergie et que, tout en mettant l’ensemble de l’équipe en valeur, je m’assure d’avoir les bons solistes aux bons endroits, dans l’intérêt de toute la communauté de l’ÉTS et, au premier chef, dans celui de ses étudiants. Sans compter qu’un bon chef d’orchestre est aussi et surtout quelqu’un qui sait écouter.

RE : Et après un peu plus de deux ans et demi à la barre de l’ÉTS, comment voyez-vous l’avenir?

Pierre Dumouchel : L’ÉTS a connu une croissance phénoménale au cours des dernières années. Aujourd’hui, avec plus de 10 600 étudiants, je pense qu’elle est en excellente position pour réaliser la vision mondiale que nous avons adoptée, d’autant plus que nous multiplions les partenariats internationaux. Je dois dire que le chemin parcouru depuis 1974 – et une première cohorte de 26 diplômés – est assez impressionnant.

RE : Comment expliquez-vous une telle lancée, particulièrement au vu des défis auxquels est confronté le monde de l’éducation supérieure?

Pierre Dumouchel : Par trois choses. D’abord, par l’incroyable et précieuse proximité que nous avons développée avec l’industrie. Ensuite, par les stages que doivent faire nos étudiants tout au long de leur formation, stages qui leur permettent de comprendre très rapidement les réalités de l’industrie et qui en font des candidats de choix lorsqu’ils entrent sur le marché du travail. Et finalement, par le fait que nous essayons d’offrir un maximum de services aux étudiants afin de leur faciliter la vie durant leurs études.

RE : Des conseils aux futurs dirigeants et gestionnaires?

Pierre Dumouchel : Je reprendrai mon parallèle avec la direction d’un orchestre. Avant tout, et au-delà des clichés, il faut être passionné par ce qu’on fait. Il ne faut pas avoir peur de s’entourer de gens compétents. Le défi réel est de savoir canaliser l’énergie et les efforts de chacun pour créer l’harmonie et atteindre l’objectif visé, ce qui fait appel à la capacité de développer une vision stratégique à haut niveau.

Il faut aussi savoir faire preuve de courage et, parfois, prendre des décisions difficiles. Comme le veut l’adage, la vie n’est pas toujours un jardin de rose. Finalement, il y a une autre chose qui est très importante, surtout à une époque où tout va vite : il faut prendre le temps nécessaire pour évoluer et faire évoluer les choses.

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Marie-Charlotte Ernst

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