Les défis de l’immigration

Claude GomisImmigrer dans un autre pays comporte de nombreux défis, tant sur le plan professionnel que personnel. En plus de démarches souvent longues et couteuses, les immigrants doivent faire face à de nombreux changements et se réadapter, notamment en termes d’emploi.

Installé au Québec depuis fin 2010, nous avons rencontré Claude Gomis, sénégalais d’origine, expert en recrutement et Directeur des opérations chez  RHR Expert à Montréal.

–        Pouvez-vous nous présenter votre parcours jusqu’à votre arrivée au Québec?

Né à Dakar, j’ai réalisé mes études primaires et secondaires au Sénégal. Grâce à l’obtention d’une bourse d’études, j’ai eu l’opportunité d’aller étudier en France pour mes études universitaires. Après un baccalauréat en administration, économique et sociale, j’ai réalisé une maitrise en droit (juriste-économiste) puis un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en économie et management des entreprises, option ressources humaines. J’ai travaillé pour des grandes firmes internationales dans le domaine du recrutement en Europe et j’ai pu obtenir une mutation au Sénégal où je suis retourné travailler  pendant quatre années. Entre temps, mon frère qui avait effectué toutes ses études supérieures  à l’Université de Laval, ne cessait de vanter les mérites du Québec. Curieux de découvrir à mon tour cet endroit, j’ai entrepris les démarches d’immigration avec pour objectif de m’y installer et de relever de nouveaux défis. Ce qui se concrétisa avec l’obtention de mon visa d’immigration fin 2010.

–         Quels ont été vos plus gros défis en termes d’immigration? Quels aspects avez-vous trouvé plus simples?

Le plus difficile dans l’immigration est l’emploi, car l’emploi est la clé de l’intégration. Les études le prouvent, il est plus dur de trouver un emploi quand on est immigrant, c’est une réalité! Rempli de motivation et pour maximiser mes chances, je me suis inscrit dans un club de recherche d’emploi afin d’intégrer les codes et normes d’insertion professionnelle au Québec. En parallèle, j’ai pris des cours d’anglais pour améliorer mon niveau et augmenter mon employabilité. J’ai intégré mon premier emploi deux mois après ces démarches. Le fait d’être dans une province francophone a grandement facilité mon intégration. Bien qu’il y ait plein de nouveaux aspects auxquels tout immigrant doit s’adapter (cultures, valeurs, coutumes etc.), le fait de ne pas avoir de « barrière de langue » est très positif. En plus de découvrir une nouvelle culture et s’y intéresser, le fait d’être immigrant nous permet également de partager notre « bagage culturel » avec le milieu d’accueil et il fait toujours plaisir de voir l’intérêt que portent les gens autour de nous envers notre pays d’origine. Un des aspects que j’ai apprécié lors de mon arrivée est l’ouverture et le respect qu’ont les québécois envers les immigrants.

–        Selon vous, par quoi passe une intégration réussie? 

Sur le plan professionnel, je dirais qu’il faut faire preuve d’une grande humilité et ne pas avoir d’attentes trop élevées. J’ai tenu plusieurs postes cadres et de direction dans ma carrière, et cela ne m’a pas empêché de recommencer au bas de l’échelle. J’ai débuté au Québec comme agent recruteur. Il faut adapter son curriculum vitae en fonction des offres et parfois accepter de travailler dans des positions différentes que ses précédentes expériences. L’important est de décrocher un premier travail, d’avoir une première expérience pour ensuite évoluer au sein de la société québécoise, tout en gardant ses propres objectifs en tête. Sur le plan personnel, une phase d’observation est nécessaire pour comprendre la culture, intégrer les habitudes de vie, assimiler les codes etc., ce qui nous amène inévitablement à épouser les valeurs de la société québécoise en quelques mois. Cette démarche est un requis !

–        Quels conseils donneriez-vous à de nouveaux immigrants qui arrivent au Québec?

Je leur conseillerais de ne pas se décourager, même si parfois c’est difficile, tant au niveau des recherches d’emploi que du reste. Il faut garder une mentalité de battant, rester motivé et surtout être persévérant, organisé dans ses démarches. Je dirais aussi qu’avoir de l’entregent est une qualité non négligeable pour réussir. Enfin, je conclurai en disant qu’il faut rester curieux et rendre à la société québécoise son ouverture d’esprit : s’intéresser au Québec et aux québécois pour comprendre en profondeur sa nouvelle terre d’accueil est la clé, selon moi, d’une intégration réussie, ce qui ne veut aucunement dire renier sa culture d’origine.

About the Author

Marie-Charlotte Ernst

Post a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *


Top