Portrait de Yann Hairaud, Directeur Général de la CITIM

IMG_2169La CITIM (dont l’acronyme signifie Clef pour l’Intégration au Travail des Immigrants) fêtait ses 30 ans en fin d’année dernière. Cette organisation sans but lucratif s’est donnée pour mission de contribuer à l’intégration des nouveaux arrivants français et francophones, en leur proposant des services professionnels de soutien pour leur insertion dans le marché du travail québécois.

Parlez-nous de votre parcours

J’ai commencé à travailler dans le domaine de l’immigration et de l’intégration il y a 25 ans, à mon arrivée au Québec. Je suis titulaire d’un diplôme d’études approfondies (3e cycle universitaire) en droit social obtenu en France, mon pays d’origine.

Mes premières expériences se situent au niveau de l’accompagnement des nouveaux arrivants dans leur recherche d’emploi au Québec. D’abord destiné à des personnes provenant de France, mon rôle de conseiller en emploi s’est élargi ensuite aux nouveaux arrivants d’origines diverses, principalement d’Europe, d’Afrique du Nord et Subsaharienne.

J’ai posé les bases de l’association en 1992, avec notamment un atelier de formation à la recherche active d’emploi de 3 semaines qui a été utilisé jusqu’à récemment.

En 2015, j’ai accepté le poste de coordonnateur d’abord à temps partiel et qui s’est transformé en poste de direction à temps plein quelques années plus tard.

À l’origine, j’étais le seul employé de l’organisation. Au fil du temps, d’autres personnes ont rejoint l’organisme et vers la fin des années 2000, il y eu un virage qui fit passer le nombre d’employés à 15. Cette augmentation rapide se passa d’une part, grâce à la reconnaissance acquise par l’organisme dans le secteur de l’intégration des nouveaux arrivants, et d’autre part grâce de à nombreuses innovations. Cette croissance a apporté de nouveaux défis organisationnels. Une réorganisation structurelle intégrale a dû être réalisée pour permettre à l’organisme de continuer à travailler efficacement avec les nouveaux arrivants.

Depuis environ 2 ans, l’organisme s’est doté d’une équipe de direction composée de deux coordonnateurs qui, en plus de me supporter dans mes tâches quotidiennes, assurent le bon déploiement des différentes activités de formation et de coaching, notamment pour les deux volets : accueil et mise en mouvement.

Cette nouvelle structure favorisant le travail en équipe est très bénéfique pour les personnes qui s’impliquent dans l’organisme. Elle créé une ambiance de travail agréable et favorable à l’épanouissement. Grâce à cette meilleure cohérence, elle répond plus adéquatement aux besoins des nouveaux arrivants et des employeurs.

Comment voyez-vous l’avenir?

C’est une question à laquelle j’ai souvent du mal à répondre, car je suis une personne qui se situe beaucoup dans l’action et qui fait (trop parfois !) confiance à l’avenir. Si je prends l’exemple de mon expérience personnelle qui m’a amenée au Québec, rien n’était planifié. Je ne prévoyais absolument pas m’expatrier. Pourtant, je vis au Québec depuis bientôt 26 ans !

Je suis convaincu de la valeur ajoutée de la CITIM dans un environnement où la mobilité des personnes à l’international est omniprésente. Le Québec doit continuer de s’ouvrir à l’immigration pour assurer son développement. En effet, permettre aux nouveaux arrivants (souvent très scolarisés) d’avoir rapidement toutes les clés pour comprendre les rouages de leur nouvelle société d’accueil favorise leur intégration professionnelle. De plus, je crois qu’il y a encore beaucoup d’efforts à déployer pour faire tomber les barrières systémiques, les préjugés, et certaines formes de racisme afin de bâtir un Québec plus inclusif.

Quels conseils donneriez-vous aux futurs dirigeants ?

 À mon humble avis, tout est question d’équilibre. Si on prend mon exemple, je considère avoir mis beaucoup de passion et d’énergie pour amener l’organisme là où il est rendu. 25 ans plus tard, la petite flamme qui m’animait au début est toujours présente et je considère qu’il y a plusieurs facteurs qui contribuent à cela :

  • Aimer ce que l’on fait.
  • Se fier à son instinct.
  • Ne pas trop se prendre au sérieux.
  • Tenir compte des différents points de vue et aller chercher différents avis pour être en mesure de prendre de bonnes décisions.
  • Enfin, le plus important, se donner d’autres centres d’intérêt en dehors du travail afin de pouvoir faire le vide et se ré-oxygéner. C’est essentiel pour assurer un leadership approprié.

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Marie-Charlotte Ernst

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